Les sequelles du Paludisme Grave

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Prendre conscience qu’une vie peut basculer à cause d’un moustique…
Troubles neurologiques, comme troubles cognitifs,  hypoperfusion cérébrale, chutes à répétition, épilepsie, etc…

Neuropaludisme

Paludisme cérébral, de Magalie

bonjour, je m’ appelle Magalie et j ai survécu au paludisme cérébral.
en août 2011 je suis retourné dans mon pays d’ origine le Cameroun, j étais tellement heureuse d’ y aller et de pouvoir présenter ma fille qui avait à peine 2 ans. malheureusement tout ne s’ est pas dérouler que je le souhaitais. il est important de rappeler que je n’ avais pas pris le traitement préventif, en revanche mon mari avait fait le nécessaire pour que ma fille le débute 10 jours avant notre départ, vous vous demanderez surement pourquoi je ne l’ ai pas fait? je répondrais que c’ est par pure négligence, parce qu on a l’impression qu on et jeune tout est insurmontable.
mai aussi parce qu’ en 2009 j’ étais parti au Cameroun pour 2 mois sans prendre de traitement préventif( car enceinte) et que rien ne m’ étais arrivé.

2 jours après mon arrivé le 13 août 2015 je me suis rendu dan mon village natal dans l’ est du Cameroun, 3 jours après je décidais de rentrer avec mon frère sur la capital, j ai longtemps hésité à repartir ce jour la, car ma mère voulait que je reste encore quelque jour( je crois que ç’ est cette décision qui m’ a sauvé la vie).
déjà dans le bus qui me ramenais, je ne me sentais pas bien et j ai même vomi, mais j’ ai mis cela sur le compte du mal de la route.
le lendemain je me suis bien réveillée, j ai entamé quelque travaux ménagers et aux alentours de 14 heures j’étais dans le salon avec ma sœur et son copain (étudiant en médecine )lorsque j ai ressenti un violent mal de tête comme ci une tornade dans la tête, je l’ ai dit à mon beau frère qui a commencé à me poser des questions sur mon état de santé général.
après le mal de tête s’ est suivi une raideur du cou, crispation des muscles, je me sentais partir, d’ ailleurs je crois que se sont ces mots que je disais  » amener moi à l’ hôpital, je me sens partir….. »
tout de suite nos avons pris le chemin de l’ hôpital, il y avait affluence, je tenais debout, je m’ exprimais et les médecins estimaient que mon état n’étais pas urgent, malgré le fait que l’ infirmier a pris ma glycémie( au vu du regard et de l’ étonnement de l infirmier, j’ ai compris qu’ il se passait quelque chose de grave). effectivement je ressentais un besoin de sucre, et je l’ ai dit à mon frère, ne voyant pas les médecins réagir, celui ci décida de changer d’ hôpital.
il s’ arrêta en chemin pour me prendre un jus d’ orange au vu de mon besoin pressant de sucre.
peu de temps après nous arrivions dans le 2ème hôpital, le médecin qui m’ a reçu a tout de suite dit qui s’ agissait du paludisme, il m a prescrit des comprimés et m’ a prescrit des examens à faire pour le lendemain.
la nuit a été difficile, malgré la prise des médicaments, le lendemain les examens que j’ ai effectué, révélaient que je faisais de l’ anémie, je ne me sentait toujours pas mieux.
le soir même, j’ ai été conduis à nouveau aux urgences du 2 ème hopital et l’ interne qui m’ a reçu après avoir compris que je ne vivais pas à tout de suite exigé qu on me fasse la goutte épaisse parce que mon paludisme étais dans la tête.
quand les résultats de la goutte épaisse sont arrivés, j’ ai juste vu le médecin crié, je n ais jais compris pourquoi, je savais juste que j’ étais fortement infesté du parasite.
j’ ai été hospitalisé et on m’ a administré de la quinine par voie veineuse pendant 24 heures.
je suis stupéfaite et scandalisé par la prise en charge des patients en Afrique, par l’ état des hôpitaux.
ps: la salle dans laquelle j’ était couché étais envahie par les moustiques, j ais juste une drap sur le corps en guise de protection.

au bout de 24 heures je suis rentré chez moi,le médecin ne m’ a dit si j’ étais sorti d’ affaire. il m’ a juste demandé si je voulais qu on arrête le traitement.
comment le saurais je? est ce à moi d’ y répondre, je ne sais même pas quelle dose on m’ a administré, si elle était suffisante et adaptée, je sais juste que je me sentais mieux, du moins je pouvais avoir à nouveau une conversation cohérente.
par contre, j’ étais terrassée par une fatigue, je n’ arrivait pas à soutenir ma tête et mon coup était toujours raide et je n’ avais pas d’ appétit.( ps j’ ai perdu 10 kg)

au bout d’ une semaine j’ ai commencé à aller mieux, à m’ alimenter…. puis je suis rentré en France. j ‘ai contacté le service de maladie infectieuse de ma ville, qui m’ a tout simplement dit qu’ il y avait pas de suivi à faire, que soit j’ en meurt soit j’ en guérit, bref que j’ étais sorti d’ affaire. j’ ai refait une goutte épaisse ici qui n’ a rien démontré, visiblement je suis sorti d’ affaire.
pourtant, jusqu’à ce jour j’ ai des séquelles, je souffre de migraines, de douleurs cervicales, de fatigue, je souffre de ne pas avoir de suivi. j’ ai l’ impression que personne ne me comprend, qu on l’ impression que je simule d’ avoir mal.
ce qui m’ a sauvé, c’ est le fait que mes symptômes soient apparus progressivement, que j ai pris la décision de rentrer en ville ou il y a des hôpitaux.
mais aussi le fait d’ avoir compris que quelque chose de grave se présentait.

aujourd’hui, j’ ai peur que ça revienne, je suis traumatisé même si je sais que j’ ai eu bcp de chance.

 

magone
floremagalie@yahoo.fr

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