Neuro paludisme – un témoignage anonyme car je recherche du boulot

Neuro paludisme – un témoignage anonyme car je recherche du boulot

 

  • Vous avez une forte probabilité de mourir si votre entourage n’a pas les bonnes réactions et ne monte pas au créneau – la réactivité atténuée à l’étranger et les couts de rapatriement retardent les prises des décisions qui peuvent vous sauver

 

J’avais été envoyé par ma société, une filiale de la caisse des dépôts, au Congo Brazzaville.

Je suivais correctement la médication préventive anti paludéenne préconisée du moment

Après quelques semaines j’ai eu une asthénie sans fièvre (nb : la médication préventive prise avait dénaturé les symptômes du paludisme). J’ai été consulter. Le médecin n’a rien vu et ne m’a même pas pris au sérieux.

Le lendemain j’étais en complète confusion et hospitalisé à l’hôpital avec un diagnostic de consommation volontaire ou involontaire de champignons hallucinogènes (terme consacré pour parler de drogue sans en avoir la preuve)

Heureusement, le médecin de l’hôpital a pensé à me faire une goutte épaisse qui permet de diagnostiquer le paludisme. Heureusement le jour de réalisation de cette analyse, effectuée une fois par semaine par l’hôpital malgré sa simplicité, était programmé le lendemain.

Le lendemain j’étais en coma stade 2, le diagnostic de palu avait été posé et le médecin de l’ambassade de France avait signé mon ordre de rapatriement.

Ce rapatriement qui aurait pu être effectué le soir même a été différé en raison des atermoiements de ma société et de son assureur Mondial Assistance.

Grâce à l’engagement de ma femme, de l’équipe locale avec laquelle je travaillais, du responsable d’une équipe d’experts que je recevais, frère du directeur d’un grand journal, ma société a accepté de payer mon rapatriement (en espèces, Air France refusant les autres moyens de paiement dans un délai aussi court).

Il a pu être effectué le lendemain soir grâce à l’énergie déployée par l’équipe locale de ma société pour récupérer avec difficulté mon passeport au service de l’immigration et réaliser mon transfert vers l’aéroport, l’ambulancier étant parti effectuer des courses privées et j’en passe.

Sans cette équipe locale et son énergie je serais mort dans ce contexte d’expatriation.

Le rapatriement a été effectué alors que j’étais dans un état neurologique alarmant coma bon stade 3, arythmie cardiaque et mouvements d’enroulements bilatéraux (plus de contrôle cérébral des muscles)

A noter que deux jours plus tard nous recevions un mail de Mondial Assistance (heureusement pour une fois leur manque de réactivité a servi), refusant de prendre en charge mon rapatriement, acceptant de faire venir ma femme et envisageant mon transfert vers Libreville !!!.

Je suis resté dans le coma pendant environ dix jours avec un pronostic vital engagé comme on le dirait actuellement. Après deux mois j’ai repris mon activité avec une interdiction de la médecine du travail à me faire repartir en zone paludéenne. En fin d’année j’étais licencié pour raison économique (c’était une autre époque !!!)

 

  • et votre vie future peut en être gravement affectée

Et ma vie professionnelle a continué après une période de 2 ans de chômage. Ce neuro-paludisme l’a affecté de façon déterminante.

Médicalement j’ai eu des périodes de grande fatigue et de dépression. Mon entourage a noté des modifications importantes de comportement, raisonnement, mémoire et énergie.

Professionnellement mon salaire moyen a été de moitié inférieur à la moyenne des ingénieurs de mon école, j’ai traversé 5 années de chômage et 2 de chômage partiel.

A noter que ces troubles psychiques pouvaient également être attribué à l’hépatite C que m’ont inoculées les transfusions effectuées lors de mon rapatriement ou à l’hôpital ( 5 transfusions effectuées à un moment où on n’était pas capable d’en détecter la présence du virus VHC dans le sang). Ce VHC a été identifié récemment (charge virale très élevée) et éradiqué avec une trithérapie exténuante.

 

  • Voilà mon témoignage,

J’espère qu’il servira à augmenter la réactivité des personnes qui vont en zones paludéennes et celle du corps médical et permettra aussi de mieux comprendre la dangerosité des conditions dans lesquels se retrouvent touristes ou expatriés dès qu’ils sont en zone paludéenne.

J’espère également qu’il servira, en France, à une meilleure prise en compte juridique des effets de cette maladie mortelle.

 

Mon histoire est devenue notre histoire à Denys, Marc, Jérôme et moi, survivants d’un Paludisme grave.
Ce pourquoi nous vous la contons aujourd’jui, le Paludisme peut boulverser votre vie à jamais.

« ASSOCIATION DES NEURO SURVIVANTS DU PALUDISME (ANSP) »
(Création de l’association n° W062008099)

Membres d’Honneur : Monsieur Le Deputé : Stéphane DEMILLY et Monsieur Le Professeur Pierre MARTY, Parasitologue à l’Hopital L’Archet à Nice.

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